EN MARGE DU PROCES
Pointer du doigt "la Gendarmerie" ? Un triple piège à c...Responsabilités
11 mars 2004 Rubrique:EN MARGE DU PROCES
D’abord, nous ne souhaitons pas attaquer nos institutions comme telles, mais nous mettons en cause la responsabilité de personnes précises, qui, à un moment précis de l’histoire de ces institutions, ont dysfonctionné dans un domaine précis. Notre but n’est pas de fonctionner comme des adolescents contestataires, ni comme de vieux revanchards.
Nous n’imaginons pas que nous sommes, nous, parfaits, là où d’autres seraient toujours dans la faute ou l’erreur. Notre but est que notre Etat de droit et ses institutions fonctionnent à nouveau au mieux et au plus vite en améliorant ce qui a dysfonctionné, sans fausse amnisitie ni langue de bois, c’est-à-dire en sanctionnant ceux qui se sont montrés incompétents ou fautifs, quel que soit leur niveau hiérarchique.
Quand, entraînés dans les suggestions louches que l’on nous fait, nous aurons bien stigmatisé la gendarmerie, on nous dira : « Mais elle n’existe plus, la gendarmerie ; on a fait la réforme des polices ». Bref, une institution morte contre quatre enfants morts.
On oubliera d’ajouter que la nouvelle police a été largement noyautée à son sommet par l’esprit de la gendarmerie, et que les principaux responsables du désastre Julie et Mélissa, les Berckmoes, De Ridder, Legros et autres Decraene y occupent toujours des fonctions très élevées. On ajoutera même qu’il est trop tard pour les sanctionner, qu’on a d’ailleurs essayé de le faire et qu’on y a échoué "par la faute de la commission parlementaire d’enquête qui a été si maladroite", un autre âne tout droit issu de la fable de La Fontaine « les animaux malades de la peste ».
Enfin, ne s’en prendre qu’à l’ex-gendarmerie, c’est en faire un superbe bouc émissaire ; c’est comme quand on ne s’en prend qu’à l’agent directement abuseur dans un cas d’inceste, en oubliant que les responsabilités sont systémiques.
Sont co-responsables, à parts égales avec certains gendarmes, des désastres que nous avons connus,
* les quelques magistrats précis qui, par paresse ou par incompétence, se sont laissés blouser par la gendarmerie, alors qu’ils avaient le devoir de diriger l’enquête et de contrôler les pandores.En ce sens, nous ne crierons pas cocorico avec Maître Uyttendaele, qui a estimé dimanche 07/03 sur le plateau de RTL que le juge Connerotte avait définitivement réhabilité sa cliente, la juge Doutrèwe.
* l’institution judiciaire et le pouvoir politique comme tels, puisqu’ils avaient laissé s’installer de telles dérives au sein d’un corps institutionnel qui n’est jamais qu’exécutif de leurs directives...
Jean-Yves Hayez
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