Si vous n’avez pas d’intérêt spécifique belgo-belge, nous vous conseillons de lire plutôt l’ upgrading (mise à jour pour les francophiles) qui a été publiée par nous le 1er février 2006 sous le titre : Maltraitancce ou sévices infligés aux mineurs d ’âge
Permettez-moi d’abord de me tourner avec émotion vers tous les enfants et adolescents gravement maltraités dans le monde : celles et ceux que l’on massacre dans les conflits armés, que l’on oblige à travailler comme des esclaves, que l’on jette à la rue ou que l’on fait se prostituer, les enfants-soldats et tant d’autres... Et toutes celles et ceux qui sont cassés par le fléau de la misère, sans rien recevoir pour satisfaire leurs besoins élémentaires, sans jouets ni école ni maman pour les cajoler, divaguant à ce carrefour pollué de Bogota où ils passent 11 heures par jour à vendre une babiole pour gagner un quart de dollar....
Au moment où nos enfants à nous sont au cœur des technologies les plus avancées et où nous les maintenons en vie quand il le faut et parfois au-delà, au prix d’efforts incroyablement coûteux, je ne puis m’empêcher de nous interpeller toutes et tous sur ces injustices sociales tellement criantes, sans prétendre au simplisme des solutions...
Et dans notre pays, quel est l’état des lieux de notre sollicitude sociale envers nos enfants ?
Avant de nous focaliser sur ceux qui sont repérés officiellement comme maltraités, examinons nos attitudes au quotidien envers tous les enfants...
Ne pourrions-nous pas admettre que le bilan est mitigé ?
Certes, il y a de bonnes choses dans notre investissement commun de la génération montante... Certes, les besoins élémentaires de beaucoup sont rencontrés, comme dans tous les pays riches, et au-delà de l’approvisionnement matériel, nous prétendons même être une société attentive et "enfants admis"... "Enfants admis" : oui, étymologiquement, l’expression dit bien ce qu’elle recouvre et ses limites... "Admis", mais pas toujours respectés à fond dans leurs besoins spirituels, loin de là !
Combien de fois, par exemple, ne les sacrifions-nous pas allègrement sur l’autel de la consommation ! Blabla [1] a beau leur répéter chaque fois qu’il le peut que "la publicité, c’est beek", quand arrive le temps de Roland-Garros ou de Wimbledon, avec ses juteux encarts publicitaires, c’est lui, Blabla, qui passe à la trappe...
Et tant pis pour les plus désœuvrés des petits enfants, ceux à qui on n’a pas pu payer un bon stage bien créatif jusque 17 h... Après, il y aura toujours bien matière à se plaindre de l’ augmentation de la délinquance juvénile précocissime, parce que de petits désœuvrés auront joué à faire comme Bill Clinton avec Monica - autre information qui, à l’époque, s’est avérée des plus rentables à l’audimat et dont on n’a pas pensé à ne pas leur bassiner les oreilles !
Sacrifiés, ils le sont aussi sur l’autel des rentrées d’argent à quasi tout prix ! Que d’enfants et d’adolescents laissés trop seuls, spirituellement et matériellement, par des parents et des proches trop absorbés ou trop fatigués... Que de maisons vides, sans cette ombre tutélaire d’un parent qui va et vient, qui donne un coup de pouce pour les devoirs, empêche les plus grosses bêtises par sa seule présence, limite - au moins un peu - la consommation passive des multimédias, parle, écoute et raconte, tout simplement...
Curieux paradoxe que celui de nos enfants précieux, programmés à temps et heure, mais qui pourtant ne doivent pas trop gêner...
... Ne pas trop gêner ! Ne pas trop déranger les plans adultes ! Dans quelle école secondaire les profs se disciplinent-ils réellement pour que les interros des uns et des autres se répartissent de façon équilibrée dans le temps ?
Priorité à l’enfant ? Allons donc, quelle école rurale à qui il manquait juste un élève a-t-on renoncé à fermer, en prenant en compte la fatigue et la rupture du tissu social des enfants à ré-inscrire ailleurs ? Et tous ces services résidentiels pour jeunes que l’on supprime, et l’équipement pour autistes qui continue à stagner, alors que les services logistiques de gestion de ces handicapés, eux, sont si bien nantis en personnel, en bureaux et en ordinateurs pour écrire des rapports !
Plus que jamais, l’enfant est un enjeu dans la volonté de pouvoir du monde adulte : on a "droit" à lui ; on a le droit d’en disposer pour prouver aux autres que l’on est plus fort qu’eux... Bien plus que l’on ne se donne le devoir de penser à son altérité spirituelle et de se faire petit en son nom.
Si certains couples homosexuels veulent adopter à deux, c’est parce que ça leur semble leur droit d’adultes ! Si certains parents séparés veulent couper leur enfant du ressourcement à l’autre parent, parfois en utilisant des arguments odieux, c’est parce qu’ils se donnent le droit de se venger. Et si, plus tard, certains parents spoliés persistent à vouloir reprendre le même enfant au parent spoliateur, au mépris des réenracinements qui ont eu lieu entre-temps, c’est au nom de leurs droits et dans le cadre d’un rapport de forces, bien plus souvent que par amour désintéressé pour l’enfant : Salomon et son jugement, c’était aux temps bibliques ; maintenant, les petites Colette sont des balles de ping-pong qui valsent entre les bras de fer de leurs parents, avec la raison d’ Etat et le geste conciliateur à l’oncle Sam en prime.
Et pour conclure sur les enfants "officiellement" maltraités, leur situation à eux non plus n’est pas aussi optimale que ne le chantent les cocoricos d’Etat.
Une claire maltraitance instituée se perpétue autour des familles sans papiers et autour des mineurs non-accompagnés : on persiste à les enfermer tous âges confondus, avec des motivations et dans des conditions qui ignorent les droits de l’homme.
Les équipes SOS-Enfants, avec leur budget global d’environ 4 millions d’euros pour la communauté française, restent de l’ordre de l’expérience-pilote : les moyens financiers manquent dramatiquement pour que ces structures puissent avoir un impact social significatif.
La prise en considération de la parole de l’enfant qui déclare avoir été abusé sexuellement est bien plus entachée de suspicion en 2004 qu’en 1990, malgré une certaine amélioration des techniques d’entretien : s’il n’ y a pas d’autres preuves éléments de preuve, la parole de l’enfant, même crédible, aura souvent du mal à convaincre l’institution judiciaire face à la puissance des protestations du suspect. C’est comme si, inconsciemment, l’ ordre adulte s’était repris après s’être laissé déstabiliser - oh un tout petit peu ! - par "l’impertinence " des enfants lorsqu’ils mettaient son honorabilité en question . On voit même aujourd’hui des ex-prévenus acquittés poursuivre les parents d’enfants qui se sont plaints ou les experts qui ont examiné leur situation ! De quoi décourager et effrayer définitivement tous les enfants victimes et leurs proches !
Bref, il y a encore du chemin à faire dans la direction de ce difficile respect qui ne fait pas de l’enfant un enfant-roi, mais qui demande néanmoins écoute, désintéressement et humilité. Alors, nous serons plus proches de cet encouragement que nous donnait le Christ : " Ce que vous faites au plus petit des miens, c’est à moi que vous le faites...".
Jean-Yves HAYEZ
[1] "Blabla" est le nom d’une marionnette qui anime la tranche horaire destinée aux enfants, en fin d’après-midi, sur les ondes de la RTBF, télévision belge de service public.
Réponse de l’ODE : Bonjour Nawal,
D’abord nous voudrions t’aider concrètement. Nous travaillons avec une équipe qui, en Belgique, aide les enfants maltraités ; c’est l’équipe SOS Enfants des Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles Là, ton message a été lu par Mme Souad Izougarhane, qui est assistante sociale . Tu peux lui téléphoner au 02.764.20.90. Si tu es en Suisse ou en France, tu dois faire le n° 00 32 764 20 90, elle essaiera de trouver pour toi une équipe proche de ton domicile. Tu peux aussi lui envoyer un mail à l’adresse de l’équipe : sos.enfants.stluc@belgacom.net . Commence ton mail par la phrase « Pour Madame Izougarhane, de la part de Nawal"
Si tu es vraiment très malheureuse à la maison, que cela dure tout le temps, et que tu es certaine que tu n’as rien fait de grave pour mériter cela, il est possible que tu ailles vivre en dehors de ta maison, dans un centre pour adolescents, avec des éducateurs. Tu ne serais pas la première à qui cela arrive, et l’Etat belge a prévu des solutions pour des jeunes dans ton cas. C’est d’ailleurs la même chose en France ou en Suisse. Autre idée également possible : parler avec toi, ta famille, et un psychologue spécialiste de la famille, pour voir si on ne peut pas améliorer les relations familiales en gardant tout le monde ensemble à la maison
En attendant, on te souhaite de continuer à avoir beaucoup de courage. En lisant ton message, nous avons eu l’impression que tu étais une adolescente « forte » en elle-même. Nous ne comprenons pas bien pourquoi tu es devenue comme un punching-ball pour tes frères et sœur, et pourquoi tes parents ne te protègent pas plus. Il n’est pas juste que cela se passe ainsi ! Le pire de tout, alors, serait que tu te décourages ou que tu décides de devenir négative, pour te venger d’eux : alors ils auraient gagné, car ils pourraient prouver que tu es une « bonne-à-rien ». Essaie donc de garder un projet positif pour ton avenir, en pensant à tes amis et aussi au garçon que tu aimeras bientôt, et avec laquelle tu fonderas une famille. C’est à eux, à lui ... et à toi aussi que tu dois montrer que tu vaux quelque chose et tant pis pour les c... qui ne voient pas les trésors positifs qu’il y a en toi ! Mais je te le redis, contacte-nous et on va essayer de soulager quelque chose dans ta vie familiale.
a + L’équipe de l’ODE.
Voila je suis juste passée parce que je fais un travaille pour l’école sur la violence et j’ai choisit la maltraitance parce que je déteste sa !! J’ai parfois eu quelques fessées, mais rien de très grave comme ce que je viens de lire avec Nawal.. :S !! Je suis très touché par tout ces jeunes qui ne sont pas bien chez eux ou a l’école, a cause des coups ou des simples rabaissement de la personne. J’ai a peine 17 ans et demie et croyez- moi j’en ai déjà vu avec les enfants c’est pour sa que j’ai choisit ce sujet ! Je ne supporte pour rien au monde qu’un enfant ou même un bébé se fasse maltraité.
Merci de m’avoir laissé écrire un petit message ici .. A bientôt peut - être. Bisous (k) Priscila.
Ecole : La Sainte - Union de Dour.
Il n’y a pas que la misère matérielle ou morale liées à la pauvreté ou au chômage qui engendrent la maltraitance des enfants : il existe aussi des cas de maltraitance au sein de familles qui ont tout à fait les moyens de pourvoir financièrement ou physiquement aux besoins de leur progéniture, mais qui ne sont pas suffisamment "adultes" et "responsables" et qui n’assument pas les soins les plus élémentaires que ce soit par négligence, par ignorance, par manque de temps ou par manque de motivation. Ce sont des parents qui ne prennent pas le temps de laver correctement leurs enfants au quotidien, qui ne vont pas chez le médecin en cas de besoin, qui ne se donnent pas la peine de préparer des repas adaptés et équilibrés. Ce sont des parents stressés, submergés, toujours dépassés par quelque situation que ce soit et qui vous répètent, de mois en mois, alors que vous constatez une mauvaise toux inquiétante, que oui, ils savent bien mais qu’ils ont pas encore eu le temps d’aller chez le médecin.
On rencontre ainsi des enfants chétifs, malingres, sales sur eux, toujours habillés de vêtements sales, à l’aspect repoussant, du noir entre les doigts et les orteils, le visage pas net, le nez qui coule jamais essuyé, toujours malades, dont les parents disent qu’ils sont « difficiles » et qui piquent des crises, toujours en demande d’attentions jamais satisfaites. Les parents gagent très bien leur vie et pourraient très bien se permettrent une garde d’enfants mais quand ils en engagent une, elles ne restent pas, dégoûtées parce qu’on leur demande d’être chauffeur, femme de ménage et bonne à tout faire. On ne peut difficilement comprendre comment ils ne se rendent pas compte que leurs enfants sont « repoussants » et « rejetés » et qu’ils souffrent.
Peut-être ces parents-là éprouvent-ils une vraie détresse ou de réelles difficultés à assumer leur rôle de parents, encore faudrait-il qu’ils se rendent comptent que le confort de leurs enfants, leur bien-être psychologique et physique doivent passer en priorité et méritent qu’ils surmontent leurs difficultés, leur manque de motivation, leurs "incompétences" en commençant par demander de l’aide. Etre parent n’est pas inné, le "métier" de parent s’apprend et il serait éminemment respectable que ces parents acceptent de regarder en face la maltraitance qu’ils infligent probablement inconsciemment à leurs enfants et qu’ils réorganisent leurs priorités et améliorent les soins et attentions légitimes pour le bien de leurs enfants et leur. Rien ni personne ne peut "réparer" les manques et les carences subis par un enfant. Rien ne peut excuser les négligences et les manques d’amour sous toutes leurs formes. Certes, il n’y a pas de parents parfaits : seulement des parents qui font de leur mieux. Ceux qui n’ont pas envie ou pas le courage de donner le meilleur d’eux-mêmes suscitent fatalement la question : pourquoi ont-ils mis des enfants au monde ? A notre époque, il est vraiment difficile de trouver des excuses alors qu’existent de multiples moyens de contraceptions : avoir des enfants résulte en principe d’un choix conscient.
Si vous posez la question à des parents aimants et "compétents", qui font vraiment tout leur possible pour apporter un maximum de bien-être et qui ont conscience de leur "devoir"/"rôle" envers ceux qu’ils considèrent comme la prunelle de leur yeux, à savoir si c’est pas trop éprouvant de trimballer leur petite fille ou petit garçon chez plusieurs spécialistes parce qu’on a du mal à trouver l’origine d’une allergie ou un traitement adapté, ils vous répondront d’abord qu’ils n’ont pas le choix et qu’ils ne peuvent supporter de voir leur enfant souffrir. Ils ont désiré avoir des enfants pour le meilleur et pour le pire, ils assument même à leur propre détriment, parce que c’est aussi ça, être parent.
Réponse à l’article Meditation sur la maltraitance Parmi les maltraitances, je crois qu’il faut aussi dénoncer le vol des espaces qui pourraient aider les enfants à se construire : rues où ils pourraient se rencontrer, espaces où ils pourraient jouer. Tout cela est sacrifié à cette fièvre adulte de trafic et de commerce.
REPONSE DE l’ ODE :certainement ! C’est tellement bon pour l’épanouissement du corps et de l’esprit de pouvoir courir et jouer dans des espace secure, où l’on rencontre la vie et la nature ! Et, pour dire les chose par leur volet négatif, la promiscuité forcée amène tant de misères (cris, énervements, tentations sexuelles...). Les ado confinés à un peu de béton sans âme ont alors tellment envie de protester et de s’exprimer en envahisant la ville avec le même manque de respcet que celui que l’on a pour eux !
L’amplitude qu’a pris, en Europe, l’exploitation sexuelle des enfants dans le courant des vingt dernières années me semble correspondre avec la panique provoquée par le SIDA et sa propagation dans les pays du tiers monde. Je suppose qu’auparavant, nombreux étaient les pédophiles qui se "servaient" dans ces pays. Le risque y étant grand, à l’heure actuelle, de contracter le sida même avec des enfants en bas âge, nombreux sont les pédophiles qui se sont tournés vers une "marchandise" plus sûre.
Le mépris dans lequel nous avons tenu la souffrance des enfants exploités sexuellement de ces pays sous développés nous a empêché pendant de longues années, de prendre leur douleur en compte. Ils n’étaient après tout, que des enfants pauvres .... une pauvre marchandise sans valeur.
Je me souviens d’un débat organisé par la RTB, il y a plus de 20 ans, avant que cette RTB ne tombe en complète décadence ! Le sujet était la maltraitance des enfants. Les téléspectateurs participaient au débat en téléphonant. Je n’ai toujours pas oublié l’intervention en direct de la femme d’un instituteur. Parlant de son mari, l’instituteur, elle nous disait qu’elle avait connaissance du fait que son mari était pédophile. Chaque année, il prenait des vacances seul. Il partait dans un pays d’Asie assouvir ces "besoins" sexuels. La conclusion de l’épouse étant qu’elle trouvait cela très bien car cela évitait à son mari l’envie de s’en prendre à des petits enfants belges. Je dois vous dire que j’en ai eu et que j’ai toujours le souffle coupé.
Le plus curieux est qu’il n’y eu aucune réaction de la part des personnes qui participaient au débat.
Depuis lors, j’ai eu l’occasion de travaillé en Afrique et j’ai constaté que le problème de l’exploitation sexuelle des enfants y est endemique et qu’il s’agrave chaque jour. Les enfants y sont soumis à l’exploitation sexuelle de leur propre population aussi bien que celle des "vacanciers" européens ou autres.
Notre société sacrifie tout au dieu argent et nous avons contaminé le monde. Chaque chose et chacun a son prix. Tout s’achète et tout se vend.
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