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La pointe d’un iceberg
DUISBURG, les conséquences de décennies d’aveuglement
Petits meurtres entre "clans" ou multinationales du crime ?
4 octobre 2007 par l’Observatoire citoyen -
Rubrique:CRIME ORGANISE
L’Allemagne s’est déclarée surprise lorsqu’elle s’est réveillée, au matin du 15 août, avec six morts dans la cité.
S’agissait-il d’un retour de la péninsule italienne à des comportements balkaniques, qui voient les familles s’affronter pendant des décennies pour un honneur bafoué ? S’il s’était agi de cela, l’affaire en serait restée au simple fait divers.

Mondialisation des « familles », aveuglement volontaire des Etats

En réalité, ce massacre est une pointe, soudain devenue visible, d’un iceberg produit de la globalisation que, depuis des décennies, les Etats feignent d’ignorer. Une globalisation que les Etats ont voulue pour la circulation des biens, des capitaux et des personnes, mais qui ne s’applique ni aux policiers ni aux magistrats. Les criminels, qui ne sont point stupides, ont donc tiré profit de l’aubaine. Qui pourra dire qu’aucun de nos responsables - qui ne sont point davantage stupides - n’était au courant ?

La tragédie de Duisburg est sans doute le résultat de querelles entre familles du petit village de San Luca perché dans l’Aspromonte en Calabre, mais, précision de taille, de familles qui se partagent l’importation de la cocaïne en Europe, et, avec les autres mafias européennes, le pouvoir criminel sur l’antique plateau continental européen.

Au centre des trafics internationaux, l’Allemagne et la petite Belgique

Au centre de ces trafics, l’Allemagne et la Belgique, cœur de l’Europe, occupent des places de choix.

La première parce que, de tous temps, elle servit de pivot entre les deux côtés du mur de Berlin et que, celui-ci à peine tombé, des mafias italiennes partait l’ordre « d’acheter tout ce qu’on pouvait » de l’autre côté du Mur. C’est ainsi que les investissements produits du recyclage d’activités criminelles de la ’Ndrangheta ont plu sur l’Allemagne de l’Est, comme avant-poste d’une pénétration qui aujourd’hui va jusqu’aux portes de la Chine.
Aucun de nos gouvernements européens ne s’est alarmé de cette situation. Et lorsque l’Italie s’acharnait à poursuivre ces activités au-delà de ses frontières nationales, elle trouvait souvent porte de bois.
De même qu’au début des années ’90, le BKA (police criminelle allemande) trouva porte de bois en Belgique lorsqu’il chercha à clarifier l’identité des visiteurs du château de Forchies la Marche : dix ans plus tard, on y découvrait soudain des quintaux d’armes et de munitions ... De simples collectionneurs, déclarera l’avocat des inculpés.

Dans cette affaire, on se demande encore pour quel motif le parquet si dynamique pour poursuivre les tenants et aboutissants des anciens gestionnaires de la ville [1] n’a pas pris la peine de joindre ce dossier à un autre instruit pour blanchiment, aux ramifications internationales, qui se trouve à Bruxelles et aurait pu donner une autre interprétation aux activités de ces inquiétants collectionneurs. Mais la technique est connue : jonction ou disjonction des procès en Belgique ont pour longue tradition de profiter toujours aux criminels.

Si l’Allemagne a complaisamment fermé l’œil devant ces capitaux « dont on n’avait pas la preuve qu’ils étaient d’origine criminelle » (évidemment, si on ne rassemble pas les indices, on ne trouvera jamais la preuve... : une autre technique bien connue des instances judiciaires belges dans des procès célèbres), capitaux si opportuns pour contribuer à la reconstruction de l’Allemagne de l’Est, la Belgique joue un rôle peut-être plus central encore dans les activités de la ’Ndrangheta en Europe. Parce qu’Anvers s’alterne avec les ports des Pays Bas et de l’Espagne pour faire entrer la cocaïne en Europe ; parce qu’une communauté italienne très importante, dans un pays qui ne se distingue pas pour l’efficacité de ses forces de l’ordre et de sa magistrature, permet facilement de camoufler les criminels en fuite devant les policiers italiens [2] ; mais surtout parce qu’avec le Conseil, la Commission et le Parlement Européen, Bruxelles constitue la place principale en Europe où se traitent les affaires. Or la ’Ndrangheta s’est fait une spécialité du drainage des fonds publics, fussent-ils européens. Et en Calabre, ils sont particulièrement présents dans ces contrées qui, ’curieusement’, n’arrivent pas à décoller économiquement.

La mafia, en effet, outre le recours à la violence et à l’intimidation pour se garantir l’omertà, a pour pratique de maintenir « ses territoires » dans la pauvreté et le délabrement social. C’est le cas de la Sicile, de la Calabre, de la Campanie, mais aussi de la région de Charleroi, et de tous les territoires de l’ex-empire soviétique. C’est plus facile pour développer la clientèle, et pour commander.
A propos de violence, notons au passage que la Belgique semble ne plus avoir communiqué à l’OMS ses statistiques d’homicides depuis 1999 [3] (2,1/100.000 habitants), un taux [4] plus élevé que celui de l’Italie renommée pour ses assassinats mafieux, et le double de celui de la plupart de ses partenaires européens [5]. De surcroît, un expert du Centre de médecine légale de la Leuven Universiteit vient de déclarer au journal flamand De Morgen [6] que, faute d’enquêtes judiciaires adéquates, la moitié des meurtres passeraient en Belgique pour morts naturelles (pour mémoire, la Belgique a aussi un des taux de « suicides » les plus élevé en Europe), ce qui porterait au double notre taux d’homicides déclarés ! Tout profit, une telle tolérance, pour des organisations criminelles qui, occasionnellement, recourent encore à l’assassinat pour imposer leur loi. Manifestement, le sentiment d’insécurité en Belgique est, en rapport avec la situation effective, loin d’être exagéré.

Sans coordination judiciaire européenne, on n’arrête jamais que les petits poissons

Des violences de Duisburg, nul doute que l’Italie est, historiquement, responsable. Par contre, ce pays l’est moins que d’autres, pour la lutte décidée et efficace qu’il mène contre les organisations criminelles. Car comment réussir, si ces dernières opèrent et trouvent refuge à l’étranger ?

Dans son rapport annuel 2006, la police fédérale belge parle de « groupes d’auteurs » interceptés. Et de fait, par groupes d’une dizaine de personnes [7], les arrestations ne sont pas rares en Belgique. Mais elles sont inutiles, car on n’arrête ainsi que de « petits poissons », qui seront immédiatement remplacés. Ce n’est pas ainsi qu’on déstructure une organisation criminelle pour lui ôter ses pouvoirs.

La Ministre de la Justice belge contredit quatre procureurs anti-mafia italiens

L’interview de quatre procureurs antimafia italiens dans la Libre Match avait suscité l’étonnement du sénateur CDNV Hugo Vandenberghe : « je m’étonne que nous devions apprendre l’état de santé de la mafia dans notre pays par des magistrats italiens ». Il avait donc interrogé la Ministre de la Justice L. Onkelinx. Elle avait répondu que l’article était très vague, que les chiffres cités étaient souvent fautifs et les informations inexactes, ajoutant que ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup d’Italiens en Belgique qu’il y a beaucoup de mafieux parmi eux.

Plutôt que d’entendre contester le nombre de personnes impliquées dans la mafia en Belgique tel que cité par les magistrats italiens (110, alors que la police fédérale belge ne connaîtrait, selon la Ministre, que 15 noms, tous, notons-le, à l’initiative de requêtes italiennes...), il aurait été plus rassurant d’apprendre que la Ministre avait demandé au Parquet Fédéral de prendre contact avec l’Italie pour ouvrir des instructions concernant toutes ces personnes. D’autant que ce n’est pas la première fois que face à des accusations de protections de réseaux criminels, un ministre déclare que les informations sont vagues et erronées tout en refusant d’ordonner des poursuites, ou de collaborer à l‘instruction des faits dénoncés [8].
En tout état de cause, au même moment (février 2005), un membre des familles des victimes de Duisburg [9], Giorgi BRUNO [10] de San Luca, impliqué dans des trafics de cocaïne, était arrêté en Belgique à l’initiative de la magistrature italienne : il avait manifestement échappé à la vigilance des forces de police belges.

Les enquêtes judiciaires pour mafia en Italie portent généralement, quant à elles, sur des dizaines, sinon des centaines de personnes, soit un nombre correspondant à l’extension des organisations criminelles telles qu’actuellement présentes dans tous nos pays européens. Evidemment, de la sorte, on finit par arriver dans les sphères du pouvoir, par comprendre comment les administrateurs communaux gèrent leur territoire, puis par savoir pourquoi leur parti les a présentés, dans quels holding publics ils siègent (les jetons de présence servent souvent de rétribution dans le « partage des richesses » ainsi accumulées), qui ils y côtoient, à qui ils rendent service, et ainsi jusqu’à s’élever aux niveaux régional, puis national du pouvoir.
A ce niveau toutefois, en Italie aussi, les enquêtes sont généralement freinées, comme le dénonçait ces derniers jours un des responsables du mouvement issu de la jeunesse calabraise « Amazzateci Tutti » (« massacrez nous tous ») , né de l‘assassinat du député calabrais Francis Fortugno, il y aura bientôt deux ans. C’est là un premier point d’appui de ces organisations criminelles d’origine italienne aujourd’hui mondialisées. Mais l’aveuglement des partenaires européens est le second pilier, sinon le principal, de la force et de la pérennité de ces organisations.
A quoi sert, en effet, une sévère répression nationale, si l’Allemagne accueille les capitaux, et la Belgique les opérations commerciales et des fugitifs camouflés en inoffensifs ressortissants européens ? « D’indices criminels concernant ces capitaux et ces personnes, il n‘en n’est point. Et le port d’Anvers abrite tant de sociétés et voit passer tant de marchandises qu’il est impossible de toutes les contrôler » y entendra-t-on de ceux qui cherchent à se dédouaner de toute responsabilité.

La défense d’une souveraineté nationale de plus en plus fantasmatique au service des multinationales du crime

L’Allemagne, la Belgique, et leurs partenaires (la France, l’Espagne et la Suisse, selon un récent rapport de la Direction des enquêtes antimafia) qui agissent de même, sont en réalité tout aussi responsables que l’Italie dans l’affaire de Duisburg. Parce que tous nos Etats portent cette responsabilité d’avoir déclaré les libres circulations, tout en continuant à se refuser d’ « interférer dans les affaires intérieures », objet de souveraineté, de leurs partenaires européens. Responsables d’avoir ainsi permis le développement de multinationales du crime dont, jusqu’à ce 15 août 2007, seules la Sicile, la Calabre, la Campanie, et les ex-territoires d’Europe de l’Est subissaient les coups d’une violence visible.

Alors qu’en silence, c’était toute l’Europe qui en portait le poids social et économique, comme le révèle en filigrane d’une part cette concentration de richesses de sources peu connues (fraudes fiscales, clientélismes, connivences pour obtenir des promotions, c’est-à-dire du pouvoir, ...) et, de l’autre, un appauvrissement de toutes les populations d’Europe occidentale que l’on tente de cacher, toute l’Europe qui, aujourd’hui, se sent à nouveau menacée par une violence dont elle se pensait définitivement protégée.
Conséquences ? Des italiens ( ?) qui se massacrent dans les rues de Duisburg, de faux visas allemands qui implantent des dizaines de milliers d’illégaux ukrainiens sur le territoire de l’Italie, parmi lesquels des criminels se sont glissés. Pendant ce temps, la complaisance belge envers la criminalité bulgare, dont personne ne s’occupe parce que les Bulgares ne sont visibles nulle part ailleurs, semble avoir tranquillement permis aux mafias de l’Est de se déplacer vers Charleroi et d’y développer de nouvelles routes d’immigration, via mer (sic !?), sur les côtes calabraises.

Car des contacts entre organisations criminelles, des rapports et intérêts croisés qu’elles développent, personne ne dit rien, personne ne fait rien. Parce que personne ne sait ?

Parce que ces organisations savent que les Etats, à ces sujets, ne se parlent pas, sinon occasionnellement et avec tant de précautions pour ne pas empiéter sur les « souverainetés nationales », elles se sont donc organisées en conséquence, fractionnant leurs activités criminelles pour déranger le moins possible le territoire où elles produisent le profit. Aussi, depuis dix ans, les clandestins transitent discrètement par le territoire italien pour s’établir dans le Nord de l’Europe, tandis que la ’Ndrangheta importe, via l’Europe du Nord où elle investit tranquillement les profits, la cocaïne qu’elle distribue sur territoire italien. Mais ce n’est là qu’une parcelle, plus visible que d’autres, de ces échanges de services et de bons procédés qui profitent de l’aveuglement quand il ne s’agit pas d’opportunisme, des administrations nationales.

Duisburg, la pointe d’un iceberg

Pendant ce temps, les Rapports parlent toujours davantage de corruption dans tout ce qui touche aux passages des frontières. Au point que les Etats Schengen envisagent d’en organiser conjointement la protection. Or, sans intervention décisive et préalable contre la corruption, à intégrer ces contrôles, on risque tout simplement ... une contamination généralisée.
Le massacre de Duisburg ne constitue pas l’apparition d’un phénomène nouveau. C’est simplement la pointe visible d’un iceberg qui, malheureusement, à l’inverse de ceux de nos pôles, plutôt que de fondre ne fait que croître. Parce que les efforts des uns sont réduits à néant par l’aveuglement opportuniste et souvent volontaire des autres.

Les victimes, ce ne sont pas seulement les passants qui se retrouvent sur la trajectoire des balles, mais tous les citoyens, en Italie, en Allemagne, en Belgique et ailleurs qui, depuis dix ans, constatent que leur sécurité physique, mais aussi financière, se dégrade à un rythme accéléré.

En résumé :
-  l’Italie et la Russie fournissent les organisateurs ;
-  l’Allemagne (et le Luxembourg), la Belgique (et les Pays-Bas : les mafias de Flandre et des Pays-Bas apparaissant totalement intégrées, ayant de tous temps bénéficié d’une langue commune, opaque aux investigateurs étrangers, et de la libre circulation à travers les frontières du Bénélux) fournissent les instruments du crime (les armes, les faux documents, les havres financiers, et, pour les deux petits pays, des administrations particulièrement faciles à corrompre -il se dit que la Belgique est le pays où la corruption coûte le moins cher ... c’est aussi un des pays où la fonction publique est la moins bien payée-) ;
-  les anciens pays d’Europe de l’Est, et autres immigrants (notamment marocains) introduits avec la complaisance d’administrations publiques occidentales, fournissent la « main d’œuvre » criminelle.

[1] Poursuites certes à bon droit, mais pourquoi d’une manière aussi anecdotique et désordonnée ? Et pourquoi maintenant ? Parce qu’en Italie aussi, avec la capture de Provenzano et la montée en puissance de la ’Ndrangheta, les équilibres criminels se modifient ?

[2] « Immutata rispetto alla relazione dell’anno precedente è l’analisi del problema latitanti. Anche nel corso del periodo 2004-2005 numerosi sono stati gli arresti di Carabinieri e Polizia di latitanti del reggino, che hanno consentito di assicurare alla giustizia pericolosi esponenti mafiosi, trafficanti internazionali di droga. I più importanti sono sicuramente quelli di MORABITO Giuseppe, detto il Tiradritto, DE STEFANO Orazio, BELLOCCO Gregorio, IAMONTE Giuseppe. Alcuni di questi arresti sono avvenuti all’estero (Belgio, Olanda, Canada, Spagna, a riprova del carattere multinazionale della ‘ndrangheta e della sua capacità di stabilire basi operative, rifugi sicuri, praticamente ovunque. Si citano per tutti PANNUNZI Roberto, PANNUNZI Alessandro, MAESANO Santo, arrestati in Spagna, COMMISSO Antonio, arrestato in Canada, STRANGIO Sebastiano, arrestato in Olanda, GIORGI Bruno, arrestato in Belgio. Perdura la latitanza di alcuni personaggi che appartengono ai vertici della ‘ndrangheta reggina, quella cioè operante nella città di Reggio Calabria o nei suoi immediati dintorni. Si citano tra gli altri CONDELLO Pasquale, TEGANO Giovanni, BELLOCCO Giuseppe, D’AGOSTINO Giuseppe (tutti inseriti nell’elenco dei 30 latitanti di massima pericolosità), DE STEFANO Giuseppe, FICARA Vincenzo, CRIACO Pietro, STRANGIO Francesco (416) ».
Relazione annuale DNA, novembre 2005

[3] Voir à ce sujet le très beau film « La Vie des Autres » de F.H. von Donnersmarck, duquel il ressort qu’en Allemagne de l‘Est au temps du communisme, les statistiques concernant le taux de suicides, particulièrement élevé, relevait du secret d’Etat. De même qu’en Belgique le nombre d’infractions commises sur le territoire belge par les diverses nationalités étrangères ?

[4] Le taux le plus élevé de l’Union Européenne après celui de la Finlande : 4,4 en 1999 et 3,5 en 2002.

[5] A l‘exception de la Grèce (1,9), la Hollande (1,8), l’Irlande et le Portugal (1,7).

[6] « De perfecte moord bestaat niet. Dat zijn sterfgevallen die niet goed zijn onderzocht », De Morgen, 28/7/07.

[7] Le Rapport annuel 2006 la Police Fédérale (p.25) fait état d’une moyenne de 8 suspects identifiés par « organisation criminelle », semblant s’étonner d’une enquête qui en identifia une quarantaine. En 2001, le Rapport sur la criminalité organisée en Belgique faisait état d’une moyenne de 7 suspects par organisation criminelle. ... un tout petit progrès ...

[8] Voir notamment les affaires de trafics de visas au Ministère des Affaires Etrangères.

[9] STRANGIO, BRUNO, ROMEO

[10] « Ingente anche il quantitativo di sostanza stupefacente sequestrato nel corso delle indagini tra il febbraio 2002 ed il giugno 2003 : 37,5 chili di cocaina e 60 chili di eroina, per un valore stimato sul mercato di una quindicina di milioni di euro. Al momento le ordinanze eseguite sono 31, mentre 17 persone risultano irreperibili. L’accusa, per tutti, è traffico internazionale di sostanze stupefacenti. Le operazioni, denominate “Borsalino” e “Super Gordo”, condotte da oltre 200 finanzieri in nove regioni italiane (Calabria, Sicilia, Campania, Lazio, Lombardia, Emilia Romagna, Toscana, Piemonte e Liguria) e in tre Paesi europei (Germani, Olanda e Belgio), dove hanno operato autorità locali coordinate dalla Direzione centrale servizi antidroga, sono il compendio di indagini durate oltre due anni e dalle quali sono emersi anche solidi legami tra le principali consorterie criminali italiane quali la ‘ndrangheta, la mafia e la camorra. Secondo l’accusa, la cocaina era assicurata da Francesco Strangio, detto “il professore”, di 39 anni, di Melito Porto Salvo, e da Bruno Giorgi, detto “il lungo”, di 45 anni, di San Luca, latitanti da anni tra il Belgio e l’Olanda perché colpiti da numerosi provvedimenti di cattura emessi per traffico internazionale di droga, e intermediari tra le cosche della Locride ed i narcos sudamericani. L’eroina, invece, veniva inviata in Italia dal trafficante turco Coskun Karakus, detto “Giorgio”, di 46 anni, che garantiva i contatti con la mafia turca. Ai vertici delle organizzazioni smantellate dalla Finanza, secondo quanto è stato riferito, si trovavano, da un lato Sebastiano Signati, soprannominato “el super gordo” (“il grassone” in spagnolo), originario di San Luca, e, dall’altro, da Giuseppe Mollace che si avvaleva, per lo smistamento in Campania, di Giuseppe Gianicolo, detto “il dottore”. Quest’ ultimo, ex appartenente alla Marina militare di stanza a La Spezia, per anni stabilitosi nella città tedesca di Krefeld dove gestiva la pizzeria “Borsalino”, coadiuvato dal nipote, secondo l’accusa aveva in realtà avviato la più lucrosa attività del traffico di cocaina. Lo stupefacente veniva reperito direttamente in Olanda da Strangio e Giorgi e trasportata dalla stessa organizzazione in Italia presso le organizzazioni clienti, dedite allo spaccio, dislocate nelle nove regioni interessate dall’operazione. Il gruppo collegato a Signati, invece, era attivo nello smercio di eroina con basi operative nella Locride e nell’hinterland milanese. Le località di approvvigionamento erano la Turchia, tramite Karakus, ed i Paesi dell’Est Europa con i bulgari Kostadinov e Mitev, già arrestati dal Goa nel gennaio 2003 mentre, a Milano, trasportavano 60 chili di eroina.”


Sénat - Séance du 03 mars 2005
Interpellation au Sénat de la Ministre de la Justice

La mafia Calabraise est partout. Ici aussi.
Traduction d’un article de Douglas De Coninck publié dans De Morgen le 18 août 2007

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