Dossier "bis"
Qui sera étonné d’apprendre que le juge Langlois a décidé de renoncer définitivement à faire procéder à l’analyse des micro-traces et des 6000 cheveux retrouvés dans les maisons et véhicules de Marc Dutroux ?
Cela ne met d’ailleurs pas nécessairement fin à « l’affaire des enfants assassinés », dont l’aspect judiciaire n’est qu’un volet [2]. Mais cela met un terme à cette instruction-là, qui sur « l’affaire Dutroux »,a été construite pour confirmer des conclusions annoncées bien avant que l’enquête sur l’enlèvement, la séquestration et la mort des enfants ne fut réellement commencée [3] !
L’Observatoire citoyen a déjà écrit un grand nombre d’articles pour illustrer le biaisement de cette enquête à propos de laquelle on peut rappeler la non prise en considération des premières pistes et des premiers témoignages :
le comportement du chien pisteur arrivé sur les lieux quelques heures après l’enlèvement ;
les témoignages sur la présence sur le lieu du double enlèvement d’une personne ressemblant très fort à Michel Lelièvre ;
la non prise en considération de la piste des « Fiesta rouges ;
l’abandon des pistes menant à certains milieux mafieux de Charleroi (« Je ne veux pas donner un coup de pied dans la fourmilière de Charleroi », avait dit le juge Langlois à ses enquêteurs, propos que certains d’entre eux ont rapporté lors de leur témoignage devant les assises d’Arlon...)
etc...etc...
Avant de renvoyer nos lecteurs aux différents articles de notre site, précisons une fois de plus que le dossier appelé « bis » n’a pas été ouvert en 2001, puisqu’il ne s’agit pas d’un nouveau dossier. Il s’agit en fait des dossiers ouverts en août 1996 sur l’enlèvement, la séquestration et la mort de Julie et Mélissa, An et Eefje, et l’enlèvement et la séquestration, de Sabine et Laetitia, dossiers qu’une décision de la Chambre des Mises en Accusation de Liège invitait à relire à la lumière des complicités et de la présence sur les lieux d’autres personnes que les quatre inculpés. L’analyse des 6000 cheveux n’est qu’une infime partie de ce que doit être en réalité le dossier bis. Vous aviez dit « relecture » [4] ?
Pour mémoire, quelques articles :
"Saucissonnée" en 2001, l’instruction à nouveau interrompue par Liège ? Ou définitivement classée ?
Le maître-chien était sur la bonne piste
Le fil rouge de l’enquêteur Adam...
... Un fil rouge jusqu’à Blankenberge
Fiesta rouge et Carré Blanc : que reste-t-il de l’instruction Langlois ?
[1] Voir aussi la lettre ouverte que vous pouvez signer et qui sera adressée au Procureur général de Liège.
[2] Le rôle de la gendarmerie de l’époque, Etat dans l’Etat, n’a jamais été complètement élucidé, ni par la commission d’enquête parlementaire, ni par la Cour d’assises d’Arlon, dont le Président, et certains avocats des parties civiles - Me Rivière (par ailleurs avocat du gendarme Michaux) et Me Vercraye - ne voulaient faire le procès, puisque cela nous écartait, disaient-ils, de Dutroux.
[3] Cf l’interview donnée par le juge Langlois le 11 août 1998 au journal Vers l’Avenir, avant que le volet d’enquête sur l’enlèvement la séquestration et la mort de Julie et Mélissa ne fut commencé.
[4] Dans ce sens, le refus de l’analyse des 6000 cheveux ne peut à lui seul marquer la fin de l’instruction sur le dossier bis. Tout ce que l’on devrait dire c’est qu’en déposant son rapport final, le juge Langlois s’est lui-même mis hors course dans la poursuite de ce dossier !!!
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