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25 mai : Journée internationale des enfants disparus
Le trafic d’enfants en hausse en Europe
25 mai 2006 par Vincent DECROLY -
Rubrique:DROIT DE L’ENFANT

Pour la cinquième année consécutive, de nombreux Etats, ayant ratifié la convention internationale des enfants disparus, organisent cette journée de sensibilisation le 25 mai. Nous ne pouvons que souhaiter que cette prise de conscience des faits de disparition et de réseaux organisés de trafic et d’exploitation d’enfants, conduise les Etats à créer des systèmes efficaces de lutte contre cette criminalité en augmentation - 1.2 millions d’enfants en sont victimes CHAQUE ANNEE, en trois ans, le nombre d’enfants disparus en Europe a doublé.



"Le trafic d’enfants est en progression. C’est un problème préoccupant pour chacun des Etats appartenant à la région couverte par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) [1]."


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Helga Konrad

Ainsi s’est exprimée Mme Helga Konrad (photo OSCE) le 18 mars 2005 à Vienne, lors d’une conférence réunissant deux cents experts de la lutte contre cette forme d’esclavage moderne qu’est l’exploitation des enfants. Mme Konrad est la Représentante spéciale de l’OSCE pour la lutte contre la traite des êtres humains.

On estime à 1,2 million le nombre de mineurs d’âge (définis comme personnes de moins de 18 ans) victimes de trafics chaque année dans le monde. Ils sont achetés et revendus pour être exploités comme domestiques, travailleurs agricoles, mineurs ou objets sexuels dans l’industrie de la prostitution et de la pornographie. D’autres sont contraints à la mendicité ou à la délinquance...

"Les enfants représentent plus de 30% du trafic des êtres humains dans le monde", a-t-elle ajouté. Précision : "Rien qu’en Europe du Sud-Est, le nombre de victimes a doublé au cours des trois dernières années". C’est ce qu’a permis d’établir un "point de contrôle" installé à Belgrade pour surveiller les Balkans.

Pourquoi cette hausse de la traite des enfants ? Plusieurs facteurs sont à l’oeuvre. Les enfants deviennent des "marchandises sexuelles" plus sûrs pour les amateurs de prostitution, car ils sont moins susceptibles d’être porteurs du virus du sida. En outre, la pauvreté incite les parents à vendre leurs enfants pour quelques euros ou dollars.

Pour Mike Dottridge, les mentalités "n’ont pas évolué aussi vite que nous l’aurions souhaité" depuis un congrès sur l’esclavage tenu il y a 190 ans à Vienne. Pour lui, 1989, la chute du mur de Berlin et la fin des régimes communistes ont dopé la traite des enfants, qui a par ailleurs été encouragée par l’explosion de la pédopornographie sur Internet. Mike Dottridge a aussi souligné, "qu’il peut y avoir trafic d’enfants même sans franchissement de frontières, comme le démontrent plusieurs affaires en Russie et ailleurs".

Pour une protection spécifique des enfants victimes de la traite

Andrea Rossi, du Centre de recherche Innocenti de l’Unicef, relève que les Nations unies veulent désormais aborder ce trafic "du point de vue des droits de l’enfant et non plus seulement du point de vue criminel". Selon lui, "moins de 30% des pays membres de l’ONU disposent d’outils pour protéger l’enfance". Plusieurs Etats membres de l’OSCE n’ont pas encore ratifié les deux protocoles internationaux pertinents sur cette question [2].

Selon Mme Konrad, "en plus de la tolérance zéro pour le tourisme sexuel, que trop peu de pays (32 seulement) répriment, il faut un ensemble de mesures pour prévenir l’exploitation sexuelle et le trafic d’enfants".

"Les Etats doivent prendre des mesures législatives non seulement pour protéger efficacement les enfants du trafic, mais aussi pour punir les trafiquants. Ils doivent aussi développer une protection spécifique pour les enfants victimes de la traite, différente de celle offerte aux adultes. Par exemple, les enfants victimes devraient se voir proposer un permis de séjour sans condition préalable [3].

Une aide médicale et psychologique doit leur être apportée, de même qu’un logement approprié à leurs besoins de victimes mineures d’âge. Les enfants non accompagnés ne doivent pas être immédiatement expulsés ; au contraire, ils doivent être protégés d’exploiteurs actuels ou potentiels."

Vincent DECROLY
(Mars 2005)

[1] L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été fondée il y a trente ans pour promouvoir la paix, démocratie et les droits humains. Elle réunit 55 pays d’Europe, d’Amérique du nord et d’Asie centrale.

[2] Il s’agit

-  du Protocole sur le trafic des êtres humains, additionnel à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée (dite "Convention de Palerme"), et

-  du Protocole contre le trafic illicite de migrants, additionnel à la Convention de Palerme (cfr ci-dessus).
Citons en outre le Protocole facultatif additionnel à la Convention des droits de l’enfant, concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. (Cfr notre rubrique "Documentation juridique".)

[3] Dans bien des pays, cette autorisation de séjour n’est accordée à l’enfant victime - même non accompagné - que s’il accepte de collaborer avec la police contre ses trafiquants.


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